AUTOR: Francisco Barrios Marco, Fisioterapeuta

L’impulsion électrique possède une série de caractéristiques qui la définissent, de sorte que, en alternant n'importe quels de ces paramètres avec ceux auxquels nous allons nous référer, on obtiendra un type de courant différent. De cette façon, cela nous permettra de décider si nous voulons recruter principalement des fibres musculaires rapides, lentes, ou un mélange des deux. Il en va de même si l’on veut obtenir un effet relaxant, stimulant, qui développe la force, la résistance et la vitesse, où si l'on veut améliorer notre vascularisation.

1.-Fréquence d’impulsion. Il s’agit de l’un des paramètres les plus importants puisqu'il va nous permettre de contrôler quel type de fibres musculaires vont être activées. La fréquence nous indique combien de fois par seconde l’impulsion va se produire. Cette répétition stimulera les fibres lentes de notre musculature à de plus basses fréquences et les fibres rapides à des fréquences plus importantes. Par conséquent, si nous souhaitons visiblement améliorer la résistance musculaire, nous devrons travailler avec une bande de fréquence comprise approximativement entre 2 et 30 Hertz. Entre 30 et 70 Hz, les fibres rapides et lentes se mélangeront et entre 80 et 120 Hz, on parviendra à stimuler les fibres rapides musculaires. À mesure que nous élevons la fréquence et l’intensité, on va s’approcher d’une contraction tétanique. La stimulation s'effectue de manière très rapide et le muscle ne parvient pas à repasser au stade du repos. On recrute successivement plus de fibres musculaires, ce qui donne lieu à une contraction très puissante.

2.-Temps ou largeur d’impulsion. Cette donnée nous indique le temps durant lequel va avoir lieu la stimulation. Le temps d’impulsion se mesure en microsecondes, tel que le définit la loi de Weiss. Cette loi met en relation la largeur de l’impulsion avec l’intensité appliquée et la durée de l’impulsion. C’est le concept de chronaxie du grec khronos: temps et aksia: la valeur. La chronaxie nous indique la quantité de temps nécessaire pour qu’un courant agisse sur le muscle et le stimule en produisant une contraction avec une intensité double de la rhéobase.

La rhéobase est l’intensité minimum du courant qui, si on l'applique suffisamment longtemps donne lieu à une contraction.

Tous les nerfs et tous les muscles n'ont pas la même chronaxie, ce qui signifie que chaque muscle va avoir besoin d’une largeur d’impulsion spécifique pour obtenir une contraction. Au fur et à mesure que la largeur d’impulsion dépasse de plus en plus la chronaxie, la contraction sera elle aussi beaucoup plus puissante.

3.-Intensité ou amplitude d’impulsion. L’amplitude se mesure grâce à l'ampère qui est l’unité de base d’intensité du courant électrique. Les unités utilisées pour mesurer les niveaux d’amplitude provoquant la contraction musculaire sont les milliampères.

Lorsqu’on fait référence à l’utilisation d’un électrostimulateur, il est primordial d’en connaître les sensations. On renvoie ici aux seuils de sensation. On obtient le seuil sensitif au moment où l’on commence à recevoir le courant. Le seuil moteur est atteint lorsqu’on commence à noter les premières contractions et le seuil de la douleur est celui que l’on veut éviter d'atteindre. Gardons toujours en tête qu’il est indispensable d’éviter toute sensation douloureuse qu’accompagne l’utilisation d’un électrostimulateur.

Il est donc clair que nous programmerons notre travail entre le seuil moteur et le seuil de la douleur, toujours en évitant ce dernier. Cependant, il semble aussi évident que l’on recrutera peu de fibres en travaillant sur le seuil moteur. À mesure que l’amplitude de l’impulsion augmente de même que la fréquence appropriée, on parviendra à recruter plus de fibres et à provoquer des phénomènes d’adaptation physiologiques plus intenses.

4.-Paramètres de la durée du temps de stimulation et de repos. La durée de la contraction se mesure en millisecondes. C’est cela qui va configurer le temps où une stimulation va maintenir la contraction musculaire. La contraction dépend directement de certains facteurs tels que la fréquence que l'on mesure en hertz, le temps de repos et le niveau d'amplitude. Le temps de repos est par définition le temps écoulé entre une contraction et celle qui va suivre. La durée du temps de repos sera directement liée aux objectifs que nous nous sommes fixés auparavant. Si nous effectuons un entraînement de force-résistance, les temps de repos seront plus importants que si nous réalisons un entraînement anaérobique. Nous aborderons un peu plus loin, les hautes intensités. Les hautes fréquences et les temps de repos courts génèrent un effort musculaire important et solliciteront une charge notable d'adaptation pour notre corps. Cependant, les fréquences basses situées entre 2 et 8 hertz produiront un effet relaxant, favorisant même la récupération musculaire après l'effort.